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Identité nationale (1) : 11 novembre

Publié le par Mozalyre

                    Le monument aux morts du village attendait chaque année le onze novembre pour égayer sa gravité  de quelques fleurs élégamment déposées à son pied. Ce jour-là, les enfants de l'école venaient avec le maître. Aussitôt arrivés sur le lieu de la cérémonie, forts de toutes les recommandations nécessaires, ils cessaient de rire et de papoter pour prendre la mine lugubre recommandée par les adultes.
                    Comme tous les ans, Monsieur le Maire et le président des Anciens Combattants, bien que n'étant pas du même bord politique, se rejoignirent dans leurs discours pour rappeler l'importance du devoir de mémoire.
                    Après la minute de silence, le maître fit ranger les enfants en forme de chorale et entreprit de leur faire entonner la Marseillaise. Il roula les yeux de part et d'autre de "sa petite troupe", comme il disait.  Il murmura en articulant :  "Attention !"  La fanfare faisait déjà rouler ses tambours et sonner ses trompettes, quand une voix d'enfant interrompit le bel ordonnancement : "Non  et non !"
                    Tous les gestes restèrent suspendus, cependant que dans un silence de glace, les visages se tournèrent brusquement vers la petite fille qui criait en pleurant : "Maman, ze veux pas santer le sang de grand-père !"
                    La maman en question, le visage en feu, cria : "Oh ! Isabelle !"   Ce ne fut pas elle, mais le papa qui se précipita furieux vers la fillette en larmes, lui flanqua une fessée et la traîna à grands pas hors du lieu solennel, sans regarder personne. Sa femme s'éclipsa discrètement, les yeux baissés.
                   Au bout de quelques lourdes minutes silencieuses, sur un signe du maire, la fanfare reprit,  et la chorale enfantine chanta, mais sans enthousiasme. On remarqua d'ailleurs que plusieurs élèves (ainsi que quelques adultes, et même un ancien combattant, dit-on) se contentèrent de remuer les lèvres.
                  Quelques jours plus tard, au conseil municipal, deux jeunes conseillers, se référant à l'incident, osèrent dire que les paroles de l'hymne national constituaient une véritable apologie de la haine et de la vengeance, appel solennel au crime et au sang. A leur avis, il ne serait ni sot ni lâche d'envisager une nouvelle version. Ils proposèrent donc  que ne soit plus chantée la Marseillaise par les écoliers tant que des paroles de paix n'auraient pas remplacé les paroles haineuses. Après des discussions houleuses et  avec  l'accord de l'association des anciens combattants, (ce qui surprit nombre d'habitants du village)  la proposition fut adoptée d'une courte majorité.
                 Cette anecdote s'est déroulée il y a plusieurs décennies. Il va sans dire que l'on n'a toujours pas entendu les enfants chanter la Marseillaise devant le monument aux morts du village. Pourtant, si un gouvernement français avait eu le courage de toucher à la Marseillaise, les voix limpides résonneraient à nouveau...

                
                   J'appartiens à une génération qui n'a jamais connu la guerre, mais a entendu des témoignages douloureux, a vu des images insoutenables. Je fais partie de ceux qui veulent agir pour que la non-violence devienne normale, que les frontières tombent...

                  Utopiste oui, et pourquoi pas ?  Je suis pour les racines, l'endroit de la terre où sont nos origines, mais contre les frontières qui sont une création humaine source de conflits et de haine.

                    Aujourd'hui, ceux qui nous gouvernent nous parlent d'identité nationale, comme c'est étrange, peu de temps avant une échéance électorale, comme c'est bizarre !  Diviser pour régner, provoquer la peur pour mieux justifier la répression...
                   J'ai dit bizarre ? Comme c'est bizarre !



Voici trois "Marseillaise" dont les paroles sont porteuses de paix :


Ben, d'abord la mienne :

Allons enfants de la planète,
Le jour de gloire est arrivé !
Tous ensemble, nous chantons la vie,

Et levons l’étendard de la paix (bis)

Nous préservons avec confiance

Amour, liberté et respect,

Pour transmettre notre espérance

Aux héritiers de notre histoire !

 

(Refrain )

Sans armes, citoyens,

Ouvrons nos horizons,

Chantons, chantons !

Un chant de paix

Et serrons-nous la main !


Annie Raynal-Andrieu
- 2007


Celle de Greame Allwright et Sylvie Dien
A écouter sur le site de Graeme    (clic sur le p'tit bonhomme) 

Pour tous les enfants de la terre
Chantons amour et liberté.
Contre toutes les haines et les guerres
L’étendard d’espoir est levé
L’étendard de justice et de paix.
Rassemblons nos forces, notre courage
Pour vaincre la misère et la peur
Que règnent au fond de nos coeurs
L’amitié la joie et le partage.
La flamme qui nous éclaire,
Traverse les frontières
Partons, partons, amis, solidaires
Marchons vers la lumière.


Texte libre de droit, offert par les auteurs, à distribuer sans modération.




Celle de CharlElie Couture



Il n'y a plus qu'à...






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